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lundi 1 septembre 2008

Actions en cours

Aux côtés de l'Appel du 2 juin et de nombreux syndicats professionnels de l'audiovisuel, le CEAV s'engage dans l'organisation de la soirée militante du 15 SEPTEMBRE 2008 au THEATRE DU CHATELET pour la défense du service public audiovisuel en France. Vous pouvez voir aussi le site www.appeldu2juin.com

Cette soirée sera l'occasion de réunir des professionnels, des artistes et des politiques, mais aussi d'accueillir le grand public : il s'agit de tirer la sonnette d'alarme sur d'une part le financement de France Télévisions mais aussi son indépendance, sa diversité et bien sûr, sa part indéniable dans la création (aussi bien audiovisuelle que cinématographique). 

A cette occasion donc, le CEAV et quelques bonnes volontés amies ont écrit, réalisé et monté 5 clips humoristiques : "SANS PUB, 100 SOLUTIONS". Vous pourrez retrouver ces clips dès le 6 septembre ici et sur internet, à raison d'un clip tous les 2 jours en ligne sur pas mal de plateformes (youtube, dailymotion, facebook, myspace,...)

Sinon, vous aurez remarqué les quelques articles publiés ici durant les vacances, d'autres sont en cours d'écriture...
Et aussi la nouvelle identité visuelle du collectif ! N'hésitez pas à donner votre avis, vos commentaires, etc...

jeudi 28 août 2008

La BBC, une chaîne financée sans la publicité...

Par C.E., membre du CEAV

Une télévision publique française enfin libérée des contraintes de l’audimat fait beaucoup rêver... Mais cette perspective soulève également de nombreuses inquiétudes, synthétisées au sein d’une problématique de poids : comment, sans les recettes publicitaires, permettre à France Télévisions d’atteindre une stabilité économique tout en restant compétitive dans un secteur en perpétuelle mutation ? Et si on prenait exemple sur la BBC, l’un des groupes publics les plus développés et dynamiques d’Europe…

Car la BBC ne s’est jamais appuyée sur les revenus publicitaires, et pourtant il s’agit là d’une gigantesque entreprise qui dispose de multiples entités, de chaînes de télévision aux stations de radio, en passant par des succursales dédiées au journalisme et aux nouvelles technologies :

source: BBC


Comment une entreprise aussi diversifiée que la BBC peut-elle « survivre » sans la publicité ? Simplement grâce à la redevance !

En juin 2008, la redevance annuelle britannique pour l’usage d’un poste de télévision couleur s’élevait à un peu plus de 194 € (147 livres sterling), soit près de 80 € de plus que la redevance française. Par ailleurs, tandis que le montant de cette taxe est resté, en France, quasiment figé depuis le début des années 2000, la redevance britannique à quant à elle augmentée de plus de 38%, celle-ci étant indexée au Retail Price Index (l’équivalent anglais de l’indice des prix de l’INSEE).



La redevance audiovisuelle annuelle au Royaume Uni – 2000-2008 (£) :

Source : BBC


Certes, le montant de la redevance britannique peut sembler quelque peu élevé pour les contribuables français. Néanmoins, celle-ci permet à la BBC de disposer des ressources nécessaires pour se développer dynamiquement sur le marché audiovisuel. En effet, les revenus générés par la redevance britannique se sont élevés, en 2007, à plus 4 133 millions d’euros, soit un tiers de plus que le chiffre d’affaire total 2007 de France Télévisions.

Mais le financement de la BBC ne se réduit pas à la redevance, bien au contraire… En effet, par l’intermédiaire de BBC Worldwide et de BBC Ressources, le groupe public anglais dispose de revenus dits « commerciaux ». Il s’agit, entre autres, des activités de chaînes thématiques (BBC Prime, UKTV Style, BBC Lifestyle, BBC Kids, etc.), de magazines (TopGear, Wildlife, etc.), et même de maisons d’édition, notamment Lonely Planet. La BBC propose également des services en post-production ou encore la location de studios et de costumes.

En 2007, ces différentes activités ont généré l’apport non négligeable de 635,9 millions de livres. Bien entendu, il s’agit là d’un montant marginal en comparaison avec l’apport financier de la redevance. Cependant, les revenus « commerciaux » représentent une source complémentaire de revenus plus qu’intéressante pour dynamiser les ressources d’un opérateur public de l’audiovisuel.

Pour finir, la BBC dispose également d’un certain nombre de revenus, autres que la redevance et les activités commerciales. Il s’agit, par exemple, de l’exploitation des archives de la BBC ou même de la vente de tickets de concerts, ou encore quelques subventions publiques de la part du Ministère des Affaires Etrangères et du Commonwealth (Grand-in-Aid) et du Cabinet Office.

Ces autres sources de financement combinées aux activités commerciales de la BBC et aux revenus générés par la redevance permettent à BBC Corporation de disposer d’un budget stable et conséquent. Celui-ci s’élevait, en 2007, à 5 276 millions d’euros (4 177,3 millions de livres sterling), soit un gigantesque budget en comparaison avec France Télévisions (2 927 millions d’euros en 2007). Un tel budget permet à la BBC de se positionner dynamiquement sur le marché et surtout de rester particulièrement compétitif, incarnant par la même un véritable modèle de réussite au sein du paysage audiovisuel international.


Répartition des revenus de la BBC:


Source: BBC


Il est particulièrement révélateur qu’une chaîne aussi dynamique que la BBC soit principalement financée par la redevance. Cela prouve que seul le financement par la redevance permet à un opérateur public de l’audiovisuel de disposer d’un financement suffisant et pérenne. En ce sens, il apparaît capital d’augmenter le montant de la redevance française pour compenser les pertes inhérentes à la suppression de la publicité.

mardi 29 juillet 2008

Prise de position

Par Collectif des Etudiants en Audiovisuel





Ca y est ! Après six mois de discussions, inquiétudes, claquage de portes, opposition, Nicolas Sarkozy a, tel un empereur romain levant ou baissant le pouce, scellé le sort de l’audiovisuel public en retenant des pistes s’écartant sensiblement des préconisations du rapport de la commission Copé. Les choses sont désormais claires. Sur le plan financier, le manque à gagner engendré par la suppression de lapublicité à partir de 20h sur les chaînes publiques sera compensé par une taxe sur les FAI et les opérateurs de télécom ainsi que sur les chaînes privées. Sur le plan de la gouvernance, le PDG de France Télévisions sera nommé par l’exécutif après avis conforme du CSA et avec possibilité de censure par un vote du parlement à la majorité des 3/4. Sur le plan de la ligne éditoriale, il s’agit de confirmer le virage opéré par France Télévisions sous la présidence Carolis.



Il ne fait aucun doute aujourd’hui que cette réforme fera date. Voilà pourquoi, en tant qu’étudiants en audiovisuel attachés au service public et à ses valeurs, il nous paraît essentiel de réfléchir, de critiquer et de proposer aujourd’hui.


Nerf de la guerre, le financement. Où est passée la proposition de la commission Copé d’indexer laredevance sur l’inflation ? Si l’on peut discuter de l’opportunité politique d’augmenter la redevance, son indexation sur l’inflation est une nécessité absolue. Sans cette mesure, France Télévisions devra financer à budget constant des programmes dont les coûts, eux, augmentent avec l’inflation. C’est la paupérisation assurée de l’audiovisuel public. Faire dépendre le dynamisme de son financement du produit de la nouvelle taxe sur les FAI, les opérateurs télécom et les télévisions privées revient à le soumettre aux aléas économiques de l’activité de ses concurrents. Que se passera t-il si le cercle vertueux espéré n’est pas au rendez vous ?

Garant de l’indépendance du service public : sa gouvernance. Alors que la commission Copé proposait un mécanisme de nomination de ses dirigeants certes complexe mais fruit de la négociation entre les différents acteurs de la filière, voilà que Nicolas Sarkozy annonce leur nomination directe par l’exécutif c'est-à-dire… lui-même ! Quant au CSA et au parlement, censés jouer le rôle de garde-fous, ils apparaissent comme des contre-pouvoirs bien proches du pouvoir… Si cette annonce tient de l’écran de fumée destiné à reléguer la question du financement au second plan, il faut garder à l’esprit qu’une réforme qui libèrerait France Télévisions de la pression des annonceurs pour la remplacer par la pression du pouvoir politique serait inutile et dangereuse. La crédibilité du service public en matière d’indépendance serait durablement mise à mal. Puisque le benchmarking est à la mode, pourquoi ne pas s’inspirer du modèle de gouvernance de la BBC qui fait référence en matière d’indépendance ?


Identité du service public : sa ligne éditoriale. Nicolas Sarkozy dit vouloir encourager et renforcer le virage éditorial amorcé sous la présidence Carolis évoquant la musique et « au théâtre ce soir » au nom du « mieux disant culturel » et de la « vocation à l’excellence ». Certes, tout ceci a sa place sur France Télévisions. Toutefois, la culture à la télévision ne peut se limiter à la culture dite cultivée, à la culturelégitime. La culture française d’aujourd’hui est métissée, diverse. C’est Maupassant mais c’est aussi Faïza Guène. Pourquoi a t-on l’impression que la diversité de la société française n’est pas assez visible sur les antennes du service public ? Représenter la France dans sa diversité ne doit pas être une obsession mais faire l’objet d’une attention particulière, d’une préoccupation permanente de la part de France Télévisions. C’est une des clés du renouvellement de son audience aujourd’hui vieillissante.


Nicolas Sarkozy a également parlé de France4 comme de « la chaîne des nouvelles générations ».
Qu’il soit pris au mot et qu’elle le devienne vraiment ! Il y a aujourd’hui une nouvelle génération formée aux métiers de l’audiovisuel consciente des mutations économiques et artistiques en cours qui se sent capable de proposer des programmes renouvelés. France 4 par le biais d’une politique volontariste pourrait en partenariat avec des sociétés de production établies leur donner une chance de faire leurs preuves…